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Trois devis sous les yeux, les mêmes mots sur les trois (ou presque…), et trois montants qui n’ont rien à voir entre eux. Le réflexe, à ce moment-là, c’est de chercher lequel cache quelque chose. Ce n’est pas la bonne piste… et ce qui les sépare vraiment n’est écrit sur aucun des trois.
L’essentiel
Le prix d’un site correspond au temps de travail qu’il demande, et ce temps se joue surtout avant que la première page existe. Comprendre l’activité, décider qui vient sur ce site et dans quel ordre l’information se présente, puis construire une hiérarchie visuelle, tout cela pèse bien davantage que de choisir un violet plutôt qu’un bleu devant un nuancier.
Vient ensuite la fabrication, et c’est là que deux devis identiques sur le papier se séparent pour de bon. Un site WordPress se monte de trois façons.
- Sur un thème acheté dans le commerce, qu’on habille à vos couleurs.
- Sur ce même thème plus un constructeur de pages, où l’on assemble les blocs à la souris.
- Sur un thème conçu pour le projet, écrit à partir de la page blanche.
Le mot sur-mesure peut apparaître sur les trois devis. Une seule question suffit à savoir lequel on vous vend. Le thème existait-il avant mon projet ?
Les licences forment le second piège, et il se referme à la première échéance. Certaines appartiennent à votre site et vous suivent, d’autres appartiennent au prestataire et restent chez lui. La toute première version de mon site d’artiste en portait huit, soit 764 euros sortis de ma poche chaque année d’après ma facture de janvier 2026. Aucune de ces lignes n’était décorative… et je n’en paie plus une seule aujourd’hui.
Côté marché, chez les freelances relevés, les grilles publiées démarrent le plus souvent entre 800 et 1 500 euros hors taxes pour une vitrine, et un projet complet se situe plutôt entre 1 200 et 2 500. Huit sur dix affichent une entrée sous 1 500 euros, quand une seule agence sur vingt-quatre démarre à 3 000 ou plus. Les deux mondes ne se croisent pas beaucoup. Ces fourchettes viennent d’un relevé mené en juin puis en septembre 2026 sur une cinquantaine de prestataires français, recoupé avec plusieurs synthèses du secteur. Ce sont des prix affichés, et ceux qui facturent le plus cher n’en publient aucun. Il n’existe aucune étude officielle sur le sujet, et aucun ministère ne publie de tarif des web designers. Ce n’est visiblement pas à l’ordre du jour.
Une fois en ligne, un site coûte chaque année son nom de domaine, son hébergement, les licences éventuelles de ses extensions, et son entretien si vous le confiez. Chez Infomaniak, un .fr revient à 7 euros par an et un .com à 11,40, l’hébergement d’une vitrine démarrant à 5,75 euros par mois. Le certificat qui affiche le cadenas, lui, n’est pas nécessairement une dépense, Let’s Encrypt en délivre gratuitement.
Ce que la lecture complète de l’article apporte en plus
Les quatre questions à poser sur une licence avant de signer, dont celle que personne ne pense à poser (que devient-elle le jour où vous changez de prestataire ?). Ce que vos contenus pèsent réellement dans la facture. Le détail de ce qui sépare deux devis au même montant, périmètre par périmètre. Mes propres prix de départ, écrits et publics. Et les relevés de performance de mes deux sites, dont cette première version qui plafonnait à 49 sur 100 là où le vert commence à 90.
Le tout s’appuie sur des sources solides, dont la liste complète se trouve en fin d’article, tout autant que la mini FAQ.
Personne n’achète une cuisine au nombre de placards. On regarde le plan de travail, la profondeur des tiroirs, qui vient poser et qui garantit la pose. Pourtant, devant trois devis de site internet, c’est souvent ce qu’on fait. On compte les pages, et on prend le moins cher.
Vous avez peut-être ces trois devis sous les yeux. Les trois annoncent WordPress, un design sur-mesure, un site lisible sur téléphone. Les trois emploient les mêmes mots. Et pourtant les trois montants n’ont rien à voir entre eux.
Le réflexe, à ce moment-là, c’est de se demander lequel cache quelque chose.
La vraie réponse est moins angoissante, et beaucoup plus utile à connaître. Les mêmes mots recouvrent des façons de travailler qui n’ont pas le même prix parce qu’elles n’ont pas la même quantité de travail derrière. Cinq pages posées sur un modèle acheté tout fait et cinq pages dessinées puis codées spécifiquement pour vous, ça peut s’écrire pareil… Mais ça ne se fabrique pas pareil.
Reste ce qu’il y a derrière les façades. Ce qui compose réellement le prix d’un site en 2026, ce qui le fait monter ou descendre, ce qui revient chaque année une fois le site en ligne, et les questions à poser pour comparer deux propositions autrement qu’en regardant le chiffre du bas.
À la fin, vous saurez lire un devis. Y compris ceux qui ne viennent pas de chez moi (ce qui, je vous l’accorde, est un drôle d’objectif pour quelqu’un qui en rédige).
Ce qui fait vraiment le prix d’un site
Le prix d’un site correspond au temps de travail qu’il demande, et ce temps se joue surtout avant que la première page existe.
Qu’est-ce qui coûte cher avant la première ligne de code ?
C’est le passage le moins visible sur une facture, et c’est celui qui décide du reste. Comprendre votre activité, savoir qui va venir sur ce site et ce que cette personne doit y trouver, décider dans quel ordre l’information se présente. Cette étape porte un nom, l’architecture de l’information, et elle ressemble beaucoup au moment où l’on décide de l’emplacement de l’évier avant de choisir la couleur des façades. On peut sauter l’étape… On le paie ensuite, en découvrant qu’il faut traverser la pièce pour égoutter des pâtes.
Vient le design, et là aussi le mot trompe. Choisir un violet plutôt qu’un bleu devant un nuancier occupe une poignée de minutes. Le travail, lui, consiste à construire une hiérarchie visuelle, c’est-à-dire à décider ce que l’œil voit en premier, en deuxième, en dernier. Puis de choisir des typographies qui restent lisibles à toutes les tailles, de régler les espacements, et de prévoir ce que tout cela devient lorsqu’un écran de 27 pouces se transforme en téléphone tenu d’une seule main.
Ensuite seulement, le site se construit. Et c’est ici que les écarts commencent à se creuser sérieusement entre deux devis identiques sur le papier.
Comment votre site sera-t-il fabriqué ?
Un site WordPress se fabrique de trois façons, et vous avez tout intérêt à savoir laquelle votre devis vous vend.
La première consiste à acheter un thème, c’est-à-dire une structure toute faite vendue dans le commerce, Astra, Blocksy ou Divi par exemple, puis à l’habiller à vos couleurs. La deuxième ajoute par-dessus un constructeur de pages, une extension qui permet d’assembler les blocs à la souris, sans écrire de code. La troisième consiste à concevoir le thème spécifiquement pour votre projet, en partant de la page blanche.
Le mot « sur-mesure » peut apparaître sur les trois types de devis, alors qu’il ne recouvre pas le même travail. Une question permet déjà d’y voir plus clair. Le thème existait-il avant mon projet ?

S’il existait déjà, le travail consiste à partir d’une base préconçue puis à l’adapter ou à la recomposer. S’il est créé pour le projet, sa structure, ses modèles et ses règles de mise en page naissent avec le site. C’est cette dernière approche que j’utilise chez Graph’Web Studio.
Ces trois chemins mènent à un site en ligne. Ils ne demandent pas le même travail, et c’est bien pour ça qu’ils n’ont pas le même prix. Un thème conçu pour un projet précis, il faut le penser entièrement avant d’écrire la première ligne, ses modèles de pages, ses composants, la façon dont chacun réagit selon l’écran, et la manière dont vous pourrez ensuite modifier vos textes sans rien casser. La cuisine en kit se monte en un week-end… La cuisine sur-mesure commence par un relevé de cotes.
Les fonctionnalités ajoutent ensuite leur propre couche. Un formulaire de contact reste léger. Une prise de rendez-vous avec des créneaux, une boutique avec son tunnel de paiement, des comptes clients ou une seconde langue demandent chacun de la configuration, parfois des extensions supplémentaires, parfois du développement.
Vos contenus pèsent plus lourd qu’on ne le croit
Vos contenus comptent aussi, et davantage qu’on ne le croit. Intégrer cinq textes relus et dix photos recadrées n’a rien à voir avec reprendre six ans d’articles, remettre en forme un catalogue ou préparer quarante fiches produits. Si vos contenus arrivent propres et organisés, le travail est court. S’ils arrivent dans douze fichiers Word, quatre dossiers partagés et un courriel intitulé « je crois que c’est la dernière version », il l’est nettement moins…
Enfin, quand tout semble terminé, il reste les vérifications. Les liens. Les formulaires. Les tailles d’écran. Les performances. Les métadonnées… Et ce bouton qui, pour une raison connue de lui seul, s’est décalé de trois pixels pendant la nuit.
Combien vaut une journée de web designer en France ?
Reste à savoir ce que vaut ce temps. Le TJMètre 2026, relevé le 6 septembre, situe le taux journalier médian d’un Designer freelance à 475 euros et celui d’un Développeur freelance à 525 euros. Dans cette seconde catégorie, la spécialité WordPress descend à 360 euros. Ces cases ont leur utilité pour lire un baromètre, mais elles décrivent mal un métier qui réunit la conception visuelle et la construction d’un thème de blocs.
Les places de marché de freelances comme Malt ou Codeur, qui mesurent encore d’autres populations, donnent des repères différents pour WordPress, de l’ordre de 350 à 450 euros par jour selon mon relevé de juin 2026. Ces écarts ne rendent pas un chiffre vrai et l’autre faux. Ils montrent surtout qu’un tarif moyen n’a de sens qu’avec le métier, la population et le type de travail qu’il mesure.
Les licences, deux familles qu’on ne devrait jamais confondre
Certaines licences appartiennent à votre site et vous suivront, d’autres appartiennent au prestataire et resteront chez lui. Confondre les deux est la source la plus fréquente de mauvaise surprise à la première échéance.
Une licence, ici, désigne l’abonnement payant qui donne droit d’utiliser une extension et de recevoir ses mises à jour. Certaines sont attachées au fonctionnement de votre site. Une extension multilingue, un système de réservation, une fonction de boutique un peu poussée peuvent en demander une. Ces licences-là vous concernent directement, parce que leur expiration peut avoir des conséquences sur votre site. Selon l’outil, elle peut couper les mises à jour et le support, limiter certaines fonctions premium ou imposer de reprendre une licence pour continuer à bénéficier du service. Ce qui compte est donc de savoir ce qui se passe avant d’arriver à l’échéance.
Quelles questions poser avant d’accepter une licence ?
Quatre questions suffisent à savoir où vous mettez les pieds.
- L’outil est-il nécessaire au fonctionnement du site, ou confortable pour celui qui le construit ?
- Son coût est-il compris dans le prix annoncé, ou facturé à part ?
- Qui assure son renouvellement, et à partir de quand ?
- Que devient-elle si vous changez de prestataire ?
Cette dernière question mérite d’être posée tôt. Un professionnel peut détenir une licence dite « agence », qui l’autorise à équiper plusieurs sites avec un seul abonnement. C’est souvent une bonne affaire pour vous, puisque vous profitez de l’outil sans l’acheter. Encore faut-il savoir ce qu’il advient de cette fonction le jour où vous partez ailleurs.
À côté existe une seconde famille, celle des outils avec lesquels le professionnel travaille. Ses logiciels de développement, ses outils de production ou ses licences graphiques font partie de ses frais d’activité, au même titre que son ordinateur. Ils sont intégrés à son prix et n’ont aucune raison d’apparaître ligne par ligne sur votre facture. À ce rythme-là, on finirait par y ajouter le clavier.
Huit licences à 764 euros par an, l’exemple qui vient de chez moi
Je vais vous donner un exemple qui vient de chez moi, et qui n’est pas à mon avantage. La toute première version de mon site d’artiste tournait sur un thème du commerce et un constructeur de pages, avec tout ce qu’il fallait autour pour la faire fonctionner. Huit licences annuelles, le thème compris, pour 637 euros hors taxes, auxquels s’ajoutent 20 % de TVA. Soit 764 euros sortis de ma poche chaque année.
Le plus instructif, c’est qu’aucune de ces lignes n’était là pour décorer la facture. Dans cette configuration, chacune couvrait un besoin du site, le thème, le constructeur de pages, la boutique, le multilingue, les formulaires, le référencement, le bandeau de cookies, etc.
C’est souvent à l’échéance que le poids de ces dépendances devient très concret… ou au moment de changer de prestataire, lorsqu’il faut déterminer quelles licences suivent le site et lesquelles devront être reprises.
Aujourd’hui je ne paye plus une seule de ces lignes, et le site, lui, est beaucoup plus beau et plus rapide.
Un mot, tant qu’on y est, sur une réponse que vous entendrez peut-être en rendez-vous. « Ne vous inquiétez pas, je prends les versions gratuites. » Thèmes et constructeurs existent effectivement en version gratuite, et certains suffisent très bien à un projet simple. Tout dépend du design et des fonctions que vous visez. Dès qu’une option indispensable n’existe que dans l’offre payante, le coût réapparaît ailleurs. La question à poser tient en une ligne. Cette version gratuite suffira-t-elle au design annoncé, et si elle ne suffit pas, qui paiera la suite ?
Attention
Une licence arrivée à échéance ne produit pas les mêmes effets selon les outils. Certaines coupent les mises à jour ou le support, d’autres limitent une fonction payante. Le bon repère est de savoir, avant de signer, qui renouvelle chaque licence, à partir de quand, et ce qu’elle devient si vous changez de prestataire.
Les prix affichés en France en septembre 2026
Chez les freelances de mon relevé, les grilles publiées démarrent le plus souvent entre 800 et 1 500 euros pour un site vitrine. Pour un projet complet, on retrouve surtout des tarifs entre 1 200 et 2 500 euros. Sept freelances sur dix affichent une entrée sous 1 500 euros. Côté agences, une seule sur vingt-quatre démarre à 3 000 euros ou plus, et leur entrée de gamme se situe à 1 500 euros au milieu de la fourchette, contre 1 200 chez les indépendants.
Pour une boutique en ligne, les premiers prix se situent entre 1 500 et 2 500 euros, avec une zone plus fréquente entre 2 500 et 4 000. Dans mon relevé, l’essentiel de ces offres repose sur un thème du commerce ou un constructeur de pages. Ce n’est pas un détail. La façon de fabriquer le site pèse directement dans son prix.

D’où viennent ces fourchettes ?
Ces fourchettes sortent d’un relevé que j’ai mené moi-même, en juin puis en septembre 2026, sur les tarifs réellement affichés par une cinquantaine de prestataires français, indépendants, agences, offres à bas prix et places de mise en relation. J’ai ensuite recoupé ce relevé avec plusieurs synthèses publiées sur le secteur, dont l’une émane d’un spécialiste qui travaille surtout avec des artisans et de très petites entreprises.
Pour le comptage, je n’ai gardé que les prestataires qui publient leurs propres prix. Les articles qui commentent le marché sans jamais donner les leurs, et il y en a beaucoup, n’entrent pas dans l’échantillon. Les synthèses servent au recoupement. Elles ne servent pas à gonfler les chiffres.
Je le précise parce que je n’ai trouvé aucune étude officielle sur le sujet. Aucun ministère ne publie de tarif des web designers, et il n’existe pas d’ordre professionnel pour en fixer. Tout chiffre que vous lirez sur ce sujet, ici comme ailleurs, est un relevé de prix affichés à un moment donné. Le mien date de septembre 2026, et il vieillira comme les autres.
Ce relevé a une limite assez simple. Les tarifs publics ne forment pas un échantillon neutre. Quand on affiche un prix bas, il devient facilement un argument commercial. Quand on facture plus cher, le « sur devis » arrive beaucoup plus vite… et le tarif disparaît avec lui.
Les chiffres ci-dessus sont donc des prix publiés. Des planchers visibles. Ils ne permettent pas de calculer une moyenne réelle du marché, puisque toute une partie des prestations les plus chères échappe justement au relevé.
Une dernière réserve. Quinze de ces prestataires n’écrivent nulle part si leur prix est hors taxes ou toutes taxes comprises, et trois affichent du TTC. Un écart de 20 % est possible sur ces lignes-là.
Pourquoi l’écart va-t-il de 290 à 990 euros ?
Les extrémités du marché valent le détour, parce qu’elles expliquent l’écart. Tout en bas, une offre relevée en juin propose trois pages à 290 euros, textes compris. Un cran au-dessus, des indépendants annoncent une page unique autour de 500 euros, relevés le même mois. Plus haut encore, le même relevé trouve cette page unique à 990 euros, domaine et hébergement de la première année inclus, avec mille mots rédigés pour le référencement, traitée cette fois comme un vrai produit avec son travail de conception.
Entre ces trois offres, l’écart de prix va de un à trois pour ce qui s’annonce, sur le papier, comme la même chose. Cet écart mesure une quantité de travail, et surtout un partage des tâches entre vous et le prestataire. Il ne dit rien du talent des uns ou des autres. C’est justement ce qu’un devis doit permettre de comprendre, ce qui est déjà prêt, ce qui sera conçu pour vous, et ce qui restera à votre charge.
Une question se cache derrière cet écart, et elle vous suivra pendant des années. Que pourrez-vous modifier vous-même ? Certaines offres livrent un site figé, parfois quelques pages en HTML posées sur un serveur, sans aucun espace d’administration. C’est rapide, c’est peu cher, et le jour où vous voulez corriger un tarif ou remplacer une photo, il ne vous reste qu’une solution, redemander à celui qui l’a fait. Un site auquel vous ne pouvez pas toucher vous coûte à chaque virgule.
Le même raisonnement vaut plus haut. Une agence fait intervenir plusieurs métiers sur un même projet, un chef de projet, un designer, un développeur, parfois un rédacteur. Un indépendant porte ces casquettes lui-même, et vous n’avez qu’un seul interlocuteur du début à la fin. Ce ne sont pas les mêmes structures de coûts.
Pourquoi presque tout le monde affiche-t-il « sur devis » ?
Un mot sur la façon dont ces prix se présentent, parce qu’elle en dit long. La mention « sur devis », sans le moindre repère, domine largement le marché français. Je la donne comme une tendance et non comme un comptage, personne n’ayant recensé la profession ligne à ligne.
Cette logique se défend. Chaque projet diffère, et un prix annoncé trop vite est un prix faux. Elle devient inconfortable quand elle laisse celui qui cherche sans aucune échelle, incapable de savoir s’il pousse la porte d’un projet à 1 000, à 3 000 ou à 10 000 euros. On finit par demander un devis comme on demande le prix d’une voiture dont on ne verra la fiche qu’après l’essai.
Sur les prestataires que j’ai consultés en septembre 2026, près d’un quart ne publie aucun prix. Nulle part. Le silence est encore plus net chez ceux qui construisent sans constructeur de pages, avec un thème développé pour le projet. En cherchant des indépendants français qui travaillent de cette façon, je n’en ai trouvé quasiment aucun qui affiche un tarif sur son propre site. Certains donnent un prix à la journée sur un annuaire professionnel. Sur leur site, rien.
Dans mon relevé, le lien est net. Chaque fois que j’ai pu identifier la façon de faire derrière un prix bas, j’ai trouvé un constructeur de pages. Un prix étonnamment bas ne tombe donc pas du ciel. Il renseigne aussi sur la façon dont le site est fabriqué.
Où se situe Graph’Web Studio dans tout ça
Mes prix de départ sont écrits et publics. Le site vitrine démarre à 2 400 euros, la boutique à 4 600, le one page à 1 200. C’est au-dessus de la plupart des grilles publiées de mon relevé. Et c’est assumé.
Le thème étant écrit pour le projet, il n’y a ni licence de thème du commerce ni licence de constructeur de pages à renouveler chaque année pour faire fonctionner le site. Le détail de cette façon de construire est expliqué sur ma méthode.
Une refonte commence à 2 000 euros pour une vitrine et 4 000 euros pour une boutique. Ces montants sont nets, sans taxe à ajouter, puisque je travaille en franchise de TVA.
Je les affiche pour une raison simple. Un prix de départ ne vous engage à rien, et il vous évite de découvrir le budget au bout d’une heure de discussion, quand il devient gênant de reculer.
Ce que ces montants recouvrent demande un peu plus qu’une ligne. Je ne pars pas d’un thème du commerce déjà dessiné dont je remplace les couleurs, les textes et les images, ni d’un constructeur de pages dont je réassemble les modules. Je construis un thème de blocs WordPress pour le projet.
Ses modèles de pages et ses parties réutilisables sont définis pour le site. Les règles globales qui tiennent le design, comme les typographies, les couleurs, les espacements ou certaines largeurs, sont organisées dans theme.json, puis complétées par du CSS et, lorsque le projet le demande, par du PHP ou du JavaScript. Le visiteur ne voit rien de cette couche technique. Elle représente pourtant une partie du travail qu’il achète.
C’est aussi ce qui permet de préparer l’éditeur pour que vous puissiez modifier vos textes et vos images sans démonter la mise en page au passage. Le thème fait partie du projet. Il n’attendait pas sur une étagère avant votre arrivée.
Ma formation de graphiste et mon activité d’artiste peintre numérique entrent aussi dans ce calcul. Un site doit tenir techniquement, et je ne transige pas là-dessus. J’ai tout de même du mal à considérer comme un détail le fait qu’on ait envie de le regarder. Vous trouverez le parcours complet sur la page À propos, la méthode sur la page Ma méthode, et le détail des formats sur celle des offres de création.
Deux devis au même prix n’achètent pas la même chose
Ce qui sépare deux propositions au même montant tient dans leur périmètre, jamais dans leur total. Voilà probablement le passage le plus utile de cet article si vous avez déjà plusieurs devis devant vous.
Regardez d’abord comment le site sera fabriqué. Un thème du commerce sera-t-il adapté, ou le thème sera-t-il conçu pour votre projet ? Un constructeur de pages est-il prévu ? Et surtout, que pourrez-vous modifier seul une fois le site livré ? Cette dernière question décide de votre autonomie pour les années qui viennent, et elle apparaît rarement sur un devis.
Vient ensuite ce qui est réellement compris. Le design est-il prévu, ou devrez-vous fournir une maquette ? Vos anciens contenus sont-ils repris ? Le référencement technique SEO et GEO de base est-il posé ? Qui met le site en ligne ? Un site adapté aux mobiles, les bases techniques pour être trouvé sur Google, la mise en ligne. Selon la méthode de chacun, ces lignes sont comprises dans le prix ou détaillées à part. Les voir ne prouve donc pas grand-chose. Ne pas les voir du tout, en revanche, appelle une question.
Autre point à éclaircir, ce que vous possédez réellement à l’arrivée. Le nom de domaine, les accès d’administration du site et les conditions de restitution doivent être identifiés clairement. L’hébergement peut être souscrit directement par vous ou fourni par le prestataire. Dans ce second cas, le devis ou le contrat doit expliquer ce qui se passe si vous souhaitez partir ailleurs.
C’est le point que je regarderais avec le plus d’attention, parce qu’une zone floue sur la propriété ou les accès se rattrape beaucoup moins facilement après la mise en ligne.
Regardez enfin ce que le devis ne dit pas. Une proposition claire nomme ce qu’elle exclut, et pas seulement ce qu’elle comprend. Un « tout compris » qui reste vague est l’endroit où naissent les dépenses que personne n’avait prévues. Un devis se juge autant sur ses silences que sur ses lignes.
Que coûte un site une fois qu’il est en ligne ?
Un site en ligne coûte chaque année son nom de domaine, son hébergement, les licences éventuelles de ses extensions, et sa maintenance si vous choisissez de le confier. Ces frais sont normaux, et le seul piège consiste à les découvrir après coup.
Combien coûtent le nom de domaine et l’hébergement ?
Le nom de domaine se renouvelle chaque année pour une somme modeste. Chez Infomaniak, l’hébergeur que j’utilise pour mes sites comme pour ceux de mes clients, un .fr revient à 7 euros par an et un .com à 11,40 euros, d’après la grille tarifaire publiée par l’hébergeur. Le prix affiché en gros sur une page de vente mérite toutefois un second regard. Certaines extensions bénéficient d’une remise de première année qui peut atteindre 93 %, alors que le tarif de renouvellement est celui qui vous accompagnera ensuite. L’hébergement d’un site vitrine démarre chez le même hébergeur à 5,75 euros par mois, et monte selon ce que votre site demande et le nombre de visiteurs qu’il reçoit.
| Poste | Ce que ça coûte | D’où vient le chiffre |
|---|---|---|
| Nom de domaine en .fr | 7 euros par an | tarif de renouvellement Infomaniak |
| Nom de domaine en .com | 11,40 euros par an | tarif de renouvellement Infomaniak |
| Hébergement d’un site vitrine | à partir de 5,75 euros par mois | grille tarifaire Infomaniak |
| Certificat HTTPS | 0 euro avec Let’s Encrypt | Let’s Encrypt, autorité de certification à but non lucratif |
| Licences des extensions | variable selon les outils utilisés | 764 euros par an dans mon cas en janvier 2026 |
| Maintenance | 0 euro si vous la gérez vous-même, selon le contrat si vous la confiez | dépend de ce que vous confiez |
Le certificat de sécurité est-il payant ?
Un poste souvent cité à tort mérite d’être écarté. Le certificat qui affiche le petit cadenas de sécurité, et qui fait passer votre adresse en HTTPS, n’est pas nécessairement une dépense. Let’s Encrypt en délivre gratuitement, et leur renouvellement s’automatise. Il existe des certificats payants pour certains usages particuliers, mais un site vitrine n’en a pas besoin. Si cette ligne est facturée chaque année, elle mérite simplement une explication. De quel certificat s’agit-il et qu’apporte-t-il de plus dans ce projet ?
« Let’s Encrypt est une autorité de certification gratuite, automatisée et ouverte, proposée par le Groupe de Recherche sur la Sécurité Internet (ISRG), une organisation à but non lucratif. »
Let’s Encrypt, page de présentation officielle, consultée le 24 août 2026
L’entretien, si vous le confiez
Reste l’entretien. WordPress évolue, ses extensions aussi, le langage sur lequel il tourne également, et les navigateurs changent sans demander l’avis de personne. Un site livré en parfait état n’est donc pas figé dans une bulle où plus rien ne bouge autour de lui. Vous pouvez vous en occuper vous-même si le sujet vous intéresse, ou le confier, et dans ce cas la maintenance devient une dépense récurrente, distincte de la création. C’est le sujet entier d’un autre article, où je détaille ce qu’on répare avant la panne et ce qu’on répare après.
Le moins cher, et les fois où il a raison
Un site bon marché peut être un excellent choix, à condition qu’il corresponde au besoin. Ce qui coûte cher, c’est d’acheter une solution qui ne fait pas ce qu’on lui demande, qu’elle ait coûté 300 ou 10 000 euros.
Les générateurs de sites par IA font-ils l’affaire ?
Les plateformes en ligne et les générateurs par intelligence artificielle produisent aujourd’hui une première version de site en quelques minutes, et il serait malhonnête de prétendre qu’ils ne savent rien faire. Pour une activité qui démarre, un projet simple, ou quelqu’un qui aime mettre les mains dans la technique, cela peut parfaitement suffire.
La question utile arrive juste après. Que contient exactement ce que vous achetez, et que vous restera-t-il à faire ensuite ?
Ce que mes propres mesures racontent
Je peux vous répondre là-dessus avec des chiffres, parce que je les ai payés moi-même.
Mon premier site d’artiste était monté sur un thème du commerce et un constructeur de pages, en l’occurrence Elementor. Le rendu me plaisait moyen et les performances encore moins. La page d’accueil plafonnait à 49 sur 100 au test de performance Lighthouse affiché dans PageSpeed Insights sur mobile, où la zone verte commence à 90. Une catastrophe… pour ce que j’attendais de ce site.

Ce score de laboratoire n’est pas, à lui seul, un facteur de classement Google. Google utilise les Core Web Vitals dans ses systèmes de classement et précise qu’un bon résultat dans un outil ne garantit pas une meilleure position. Le score Lighthouse reste en revanche un repère utile pour observer l’effet de changements techniques sur une page.
Quand j’ai décidé de m’installer, j’ai tout refait, sur un thème et une extension bien plus légers. Le résultat a nettement progressé, sans atteindre pour autant ce que je visais. Je ne m’en suis pas contentée… et j’ai continué à chercher.
Aujourd’hui, ce même site d’artiste obtient 83 sur mobile et 100 sur ordinateur pour sa page d’accueil, et 85 et 94 pour sa galerie, d’après mes relevés PageSpeed Insights d’août 2026. Ce sont de bons scores pour un site avec énormément d’images, même si Lighthouse ne les met pas encore au vert. Mais ils sont obtenus avec WP Rocket, l’extension d’optimisation à 49 euros par an dont je vous parlais plus haut. Sans elle, ils redescendent.
Pourquoi je n’ai pas encore refait le mien
Je n’ai pas encore pris le temps, la réponse est aussi bête que ça. Le cordonnier reste le plus mal chaussé, et le code source de mon site d’artiste le montre en trois clics. J’ai continué à chercher, à me former et surtout à faire évoluer ma manière de construire, jusqu’à arriver à l’approche que j’utilise aujourd’hui, sans thème acheté ni constructeur greffé par-dessus.
Et puis il y a le premier site que j’ai construit entièrement de cette façon-là, pour une cliente. Il obtient 85. Sans extension d’optimisation. Sans cache. Avec des images que nous n’avions même pas encore retouchées…
Le chiffre brut est presque le même. Ce qui change, c’est ce qu’il a fallu ajouter pour l’obtenir. D’un côté, une extension d’optimisation payante. De l’autre, aucune, alors même que les images n’avaient pas encore été optimisées.
| Page mesurée | Comment elle est construite | Mobile | Ordinateur |
|---|---|---|---|
| Mon site d’artiste, accueil, première version | thème du commerce et constructeur de pages | 49 | non relevé |
| Mon site d’artiste, accueil, aujourd’hui | thème et extension plus légers, avec WP Rocket | 83 | 100 |
| Mon site d’artiste, galerie, aujourd’hui | thème et extension plus légers, avec WP Rocket | 85 | 94 |
| Site d’artiste conçu pour une cliente | thème conçu pour le projet, sans extension d’optimisation ni cache | 85 | non relevé |
Voilà, en une ligne, ce que j’ai gagné à changer ma manière de construire. Et voilà aussi pourquoi je me méfie de la formule « le moins cher coûte toujours plus cher ». Toujours, non… Parfois, un projet simple appelle une solution simple. Mais quand un site bon marché a besoin d’une extension payante pour tenir sa vitesse, la ligne d’économie du devis a une fâcheuse tendance à réapparaître ailleurs. J’ai raconté ce parcours en entier, mesures à l’appui, dans un article consacré au faux choix entre le codé et le no-code.
Le juste prix, c’est celui que vous comprenez
Alors, combien coûte un site internet en 2026 ? Dans les grilles publiées de mon relevé, une vitrine chez un freelance se situe le plus souvent entre 1 200 et 2 500 euros. Une boutique monte davantage. Une agence aussi.
Et il reste toujours l’option de le faire soi-même, pour beaucoup moins cher. Elle est parfaitement honorable quand le besoin est simple et le périmètre clair. Un site monté seul, ou sorti d’une intelligence artificielle sans que personne ne repasse derrière, peut tout à fait exister et faire le travail qu’on lui demande. Encore faut-il savoir exactement quel travail on attend de lui.
Ces réponses ne se contredisent pas. Elles rappellent simplement que « site internet » est un mot très pratique pour désigner des projets qui n’ont presque rien en commun.
Revenons donc à la cuisine du début. Vous ne l’achèterez pas au nombre de placards, mais sur ce qu’il y a derrière les façades, sur ce qui reste à votre charge, et sur ce qui se passera dans cinq ans quand une charnière lâchera. Un devis de site se lit exactement pareil. Comment le site sera-t-il construit, qu’est-ce qui est compris, que pourrez-vous modifier seul, quelles licences resteront nécessaires, et à qui appartient l’ensemble à la fin.
Avec ces cinq questions, le devis cesse d’être un chiffre intimidant en bas d’une page. Il redevient ce qu’il aurait toujours dû être, la description précise de ce que vous achetez. La peur de se faire avoir vient du flou, rarement du montant lui-même.
Et un choix fait les yeux ouverts, franchement, ça n’a pas de prix.
Questions fréquentes
Quel budget prévoir pour un site vitrine en 2026 ?
Entre 1 200 et 2 500 euros chez un freelance, d’après le relevé que j’ai mené en France en juin puis en septembre 2026 sur une cinquantaine de prestataires. Chez les agences qui publient une grille, l’entrée tourne autour de 1 500 euros, et les paliers hauts montent de 3 000 à 8 000. Ce sont des tarifs publics, et les prestataires les plus chers n’en publient aucun.
Pourquoi deux devis pour le même nombre de pages sont-ils si différents ?
Parce que le nombre de pages ne décrit qu’une petite partie du travail. Un site monté sur un thème du commerce, un site assemblé avec un constructeur de pages et un site dont le thème est conçu spécifiquement pour le projet peuvent afficher cinq pages chacun en demandant des volumes de conception et de développement sans commune mesure.
Un thème sur-mesure coûte-t-il forcément plus cher ?
Il demande davantage de travail au départ, puisqu’il faut concevoir des modèles de pages et des composants qui n’existaient pas avant le projet. Le coût dépend ensuite de leur nombre et de leur complexité. En contrepartie, le site ne dépend d’aucune licence de thème ni de constructeur de pages pour continuer à fonctionner.
Quels frais restent à payer chaque année après la création ?
L’hébergement, toujours. Le nom de domaine dès lors que vous en voulez un à votre nom, plutôt qu’une adresse fournie par une plateforme. Les licences des extensions dont votre site a besoin, s’il en utilise. Et l’entretien, uniquement si vous choisissez de le confier à un professionnel. Le certificat de sécurité, lui, n’est pas nécessairement payant, Let’s Encrypt en délivre gratuitement.
Un site très peu cher est-il forcément un mauvais site ?
Non, à condition de savoir ce que vous achetez. Une carte de visite posée en ligne peut parfaitement convenir à qui n’attend rien de plus, et son prix bas est alors cohérent. L’écart apparaît lorsque le besoin grandit, par exemple si le site doit être trouvé, évoluer régulièrement ou vous laisser la main sur vos contenus. Le vrai calcul se fait entre ce que vous payez et ce dont votre projet a réellement besoin, jamais sur le montant seul.
Sources
Textes officiels et institutions
- Let’s Encrypt, autorité de certification à but non lucratif.
- impots.gouv.fr, la franchise en base de TVA.
- Afnic, Guide pratique du titulaire d’un nom de domaine en .fr, édition 2024.
Documentation officielle d’un éditeur
Presse et rapports de secteur
- TJMètre, baromètre des taux journaliers 2026.
Communication commerciale
- Infomaniak, tarifs des noms de domaine et de l’hébergement web.
Relevés de Graph’Web Studio
- Relevé de prix affichés mené par Graph’Web Studio en juin puis en septembre 2026 sur une cinquantaine de prestataires français.
- Relevés de performance PageSpeed Insights réalisés par Graph’Web Studio sur ses propres sites en août 2026.
